Sur les forums, la question tombe toujours de la même façon : « cette prop firm est A-book ou B-book ? » — sous-entendu, est-ce qu'elle a intérêt à ce que j'échoue. C'est une bonne intuition posée avec le mauvais vocabulaire, et ça mérite une réponse précise.
D’où viennent ces deux termes
A-book et B-book décrivent ce qu'un broker fait des ordres d'un client qui trade son propre argent. Rien d'autre.
A-book : l’ordre part sur le marché
Le broker transmet l'ordre à un ou plusieurs fournisseurs de liquidité. Il se rémunère sur le spread ou la commission, à chaque aller-retour. Son revenu dépend du volume que vous échangez, pas de votre résultat : que vous gagniez ou perdiez lui est théoriquement indifférent, il préfère surtout que vous continuiez à trader.
B-book : le broker prend la contrepartie
L'ordre ne sort pas. Le broker se place lui-même en face : vos pertes deviennent son revenu, vos gains sa charge. C'est légal et très répandu — la plupart des grands brokers font les deux selon le profil du client — mais ça crée un conflit d'intérêts qui doit être encadré et déclaré au régulateur.
Parce qu'un broker en B-book non déclaré peut être tenté d'agir sur ce que le client subit : élargir un spread au mauvais moment, retarder une exécution, refuser un retrait. La question posée par les traders n'est donc pas vraiment « A ou B », c'est « est-ce que quelqu'un a intérêt à ce que je perde ? ».
Pourquoi ça se transpose mal aux prop firms
Une prop firm n'est pas un broker. Elle ne détient pas vos fonds de trading, parce que vous n'en déposez pas. Vous achetez une évaluation ; le capital affiché sur le compte n'est pas le vôtre et n'a jamais transité par votre banque.
Résultat : la question « où part mon ordre » n'a pas le même sens. Il n'y a pas d'argent à vous à faire partir quelque part. Et dans le modèle en ligne dominant aujourd'hui, l'immense majorité des sociétés font tourner leurs évaluations sur des comptes simulés — c'est ce qui leur permet de proposer des comptes de 100 000 $ à 500 € sans immobiliser 100 000 $.
La position de Smart Trader Funds
Nous la publions, elle n'a pas à être devinée. Le pied de page de chaque page du site et les conditions générales indiquent :
« Les clients reçoivent des comptes démo avec des fonds virtuels. Toutes les activités de trading ont lieu dans un environnement simulé. »
Autrement dit : les ordres ne partent pas sur un marché, et il n'y a donc ni A-book ni B-book au sens du courtage. Il y a une évaluation, une mesure de performance, et un versement quand les objectifs sont atteints. Les payouts, eux, sont bien réels.
Alors, la firme a-t-elle intérêt à ce que j’échoue ?
Répondons directement, puisque c'est la vraie question.
Le revenu principal d'une prop firm, ce sont les frais d'évaluation. Une majorité de candidats échoue, et ces frais restent acquis. Sur ce point, l'intérêt de court terme d'une société est effectivement que beaucoup de gens tentent — pas nécessairement qu'ils échouent, mais qu'ils achètent.
Ce qui contredit cette lecture, c'est l'économie de long terme. Une firme qui ne paye jamais personne n'a plus de clients au bout d'un an : ce marché fonctionne à la réputation, les captures de payouts circulent, et les avis se lisent avant l'achat. Payer vite et régulièrement est le seul argument commercial qui tient dans la durée. C'est aussi pourquoi les firmes sérieuses affichent leurs versements plutôt que leurs promesses.
Une firme peut vous jurer qu'elle est « 100 % A-book » sans que ce soit vérifiable par vous. En revanche, vous pouvez toujours vérifier : si les règles sont publiées avant l'achat, si elles sont calculables, si les payouts sont documentés, et ce que disent les traders qui ont demandé un retrait. Ces quatre éléments valent mieux qu'une étiquette.
Les quatre questions à poser à n’importe quelle firme
Par écrit, au support, avant d'acheter — et gardez la réponse.
| Question | Ce que la réponse révèle |
|---|---|
| Les comptes d’évaluation et les comptes financés sont-ils simulés ou exécutés sur un marché ? | Une firme claire répond en une phrase. Une firme qui esquive vous dit déjà quelque chose. |
| Comment la perte journalière est-elle calculée, exactement ? | Depuis le solde de début de journée ou depuis l’équité ? Pertes latentes incluses ? C’est la règle qui élimine le plus. |
| Quel est le délai de traitement d’un payout, et par quels moyens ? | Un délai annoncé engage. « Sous quelques jours » n’engage à rien. |
| Quels contrôles sont faits au moment de la demande de payout ? | C’est là que se jouent les refus. Mieux vaut connaître les critères avant d’avoir gagné. |
Chez nous, les réponses sont respectivement : comptes simulés, comme indiqué dans nos conditions ; perte journalière calculée depuis le solde de début de journée, pertes latentes comprises ; payouts toutes les deux semaines traités en 48 heures ou moins ; contrôles portant sur le respect des règles publiées, dont la règle de cohérence et l'interdiction de faire trader son compte par un tiers.
Ce qu’il faut retenir
- A-book et B-book décrivent un broker, pas une prop firm. Transposer les termes crée plus de confusion qu'il n'en résout.
- Le modèle dominant repose sur des comptes simulés et sur les frais d'évaluation. Ce n'est pas un secret honteux, c'est ce qui permet de proposer de grandes tailles de compte à un prix accessible.
- Ce qui vous protège, ce sont les règles écrites et l'historique de paiement, pas une étiquette technique que vous ne pouvez pas auditer.
- Une firme qui refuse de dire comment ses comptes fonctionnent mérite plus de méfiance que celle qui l'écrit noir sur blanc.
Pour la définition générale et le vocabulaire, commencez par c'est quoi une prop firm. Pour les règles dans le détail, avec les calculs exacts, lisez perte journalière, max loss et règle de cohérence. Et pour ce que nous publions sur nous-mêmes : Smart Trader Funds, avis, règles et transparence.
Questions fréquentes
Une prop firm est-elle A-book ou B-book ?
La question vient du courtage et s'applique mal aux prop firms. A-book et B-book décrivent ce qu'un broker fait des ordres d'un client qui trade son propre argent. Une prop firm ne détient pas les fonds de trading de ses clients : elle vend une évaluation et verse une part des profits mesurés. La plupart opèrent sur des comptes simulés, ce qui rend la distinction sans objet côté client.
Que veut dire A-book ?
Un broker en A-book transmet les ordres de ses clients au marché, via un ou plusieurs fournisseurs de liquidité. Il se rémunère sur le spread ou la commission et n'a aucun intérêt à ce que le client perde : son revenu dépend du volume échangé, pas du résultat.
Que veut dire B-book ?
Un broker en B-book prend lui-même la contrepartie des ordres de ses clients au lieu de les transmettre au marché. Les pertes des clients deviennent alors ses revenus. Ce modèle est légal et courant, mais il crée un conflit d'intérêts qui doit être encadré et déclaré.
Smart Trader Funds trade-t-il sur les marchés réels ?
Non, et c'est écrit sur le site. Les conditions générales et le pied de page de chaque page indiquent que les clients reçoivent des comptes démo alimentés en fonds virtuels et que toute l'activité de trading se déroule dans un environnement simulé. Les payouts sont réels et calculés sur la performance mesurée dans cet environnement.
Un compte simulé, est-ce que ça rend les gains moins réels ?
Non. Le compte sert à mesurer une performance ; le versement qui en découle est un vrai virement. Ce qu'il faut regarder n'est donc pas la nature du compte mais la capacité de la société à payer : fréquence annoncée, délai de traitement, moyens de retrait, et preuves de versements passés.